06 janvier 2026 par ffescrime | Publié dans Important, Para-escrime, Vie fédérale
À l’occasion du 120ᵉ anniversaire de la Fédération Française d’Escrime, nous franchissons une étape majeure en obtenant, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la délégation ministérielle du para-escrime, accordée par la ministre des Sports. Cette délégation nous confie la responsabilité de développer et d’accompagner la performance des armes olympiques et paralympiques, tout en soutenant les disciplines non olympiques comme l’escrime artistique, le sabre laser et l’escrime déficient visuel.
Une décision en accord avec nos valeurs :
Cette délégation s’inscrit pleinement dans notre volonté de promouvoir une pratique inclusive, permettant à tous nos licenciés – valides ou en situation de handicap – de s’entraîner au sein des mêmes clubs et avec les mêmes encadrants. Le para-escrime, déjà présent dans de nombreux clubs, pourra désormais se développer encore davantage grâce à notre accompagnement renforcé et à des solutions accessibles comme le Swordseat, qui réduit le coût de la pratique de l’escrime en fauteuil.
Sportivement, cette intégration nous permet de rassembler nos athlètes olympiques et paralympiques au sein d’une même Équipe de France, en mobilisant pleinement les compétences de nos maîtres d’armes et de nos entraîneurs fédéraux pour soutenir la progression des athlètes pratiquant l’escrime fauteuil.
Éthiquement, cette décision reflète nos principes : nous souhaitons favoriser un accès égal à la pratique de l’escrime, conformément au Code du sport, sans discrimination liée au sexe, à l’identité de genre, à l’orientation sexuelle, à l’âge, au handicap, à l’ethnie, à la religion, à la condition sociale ou aux opinions politiques.
Une transition progressive et concertée :
Nous abordons cette nouvelle responsabilité avec lucidité et humilité. Le transfert de la délégation du Para-escrime de la FFH vers notre Fédération se fera de manière progressive, avec un travail de communication et de concertation pour accompagner nos ligues, nos clubs, nos athlètes et nos entraîneurs dans cette transition.
Faire du Para-escrime un pilier de notre escrime :
Pour Hervé Giorgi, président de notre commission para-escrime, cette délégation représente à la fois une satisfaction et une responsabilité.
Nous affirmons notre volonté de faire du Para-escrime un pilier à part entière de notre escrime française, dans une logique d’inclusion, de performance et de coopération avec tous les acteurs du sport.
Le para-escrime est désormais au cœur de notre Fédération. À nous tous de construire, ensemble, une pratique inclusive, performante et accessible à tous.
Présente aux Jeux Paralympiques depuis 1960, la pratique en fauteuil de l’escrime se pratique en compétition internationale selon deux catégories de handicap : A (avec équilibre du tronc) et B (sans équilibre du tronc). Une troisième catégorie, la C, existe au sein des clubs mais n’est pas représentée aux Jeux.
En para-escrime, les fauteuils sont fixés au sol sur un appareil dédié (l’Handifix). La distance séparant les deux tireurs est déterminée en début d’assaut par l’allongement du bras de l’athlète ayant le plus petit bras. Contrairement à l’escrime debout, la proximité permanente impose des échanges extrêmement rapides, une réactivité vive et une concentration maximale.
Les para-escrimeurs incarnent des parcours de vie très divers : déficiences de naissance, accidents ou pathologies survenues au cours de l’existence, entraînant un handicap parfois invisible et délicat à appréhender au quotidien.
Pour nombre d’entre eux, l’escrime s’impose comme un levier pour apprivoiser le handicap, dépasser ses limites et se reconstruire par l’effort collectif. De nombreux champions et nombreuses championnes tricolores illustrent d’ailleurs l’excellence française sur les armes internationales : Clémence Delavoipière, Robert Citerne, David Maillard, Romain Noble, Cyril Moré, Thomas Tachdjian, Maxime Valet…