En 2026, année marquant le 120e anniversaire de la Fédération Française d’Escrime, le para-escrime rejoint l’escrime au sein d’une même fédération.
L’histoire de cette discipline remonte à l’hôpital militaire de Stoke Mandeville, situé à 60 km au nord de Londres, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, elle était utilisée comme outil de rééducation pour les vétérans blessés à la moelle épinière, leur permettant de renforcer leurs muscles et de travailler leur équilibre.
Discipline olympique depuis 1896, l’escrime est également pratiquée en fauteuil roulant depuis 1960. Cette année-là, les jeux de Stoke Mandeville se sont déroulés à Rome, une semaine après les Jeux olympiques, rassemblant 400 compétiteurs de plusieurs pays dans 8 sports différents. Ces jeux sont considérés comme les premiers Jeux paralympiques de l’histoire. Au fil du temps, ils se sont ouverts aux amputés, aux personnes atteintes de pathologies néonatales ou acquises, ainsi qu’aux malvoyants et non-voyants.
Le para-escrime se pratique avec les trois armes conventionnelles de l’escrime : l’épée, le fleuret et le sabre. Une particularité de l’escrime paralympique est que les escrimeurs doivent concourir dans deux de ces trois armes pour se qualifier aux grandes compétitions internationales.
L’escrime fauteuil est un sport passionnant qui partage de nombreuses règles avec l’escrime traditionnelle, mais avec deux différences majeures. Premièrement, les duellistes ne peuvent utiliser que la moitié supérieure de leur corps. Deuxièmement, la discipline se pratique dans un fauteuil roulant solidement fixé à un appareil.
Les compétiteurs tiennent leur arme d’une main et se cramponnent à leur fauteuil de l’autre, ce qui rend les duels incroyablement intenses. Leurs pieds doivent rester en contact avec le repose-pied du fauteuil, et il est interdit de se lever. Ils ne peuvent décoller qu’une seule fesse du fauteuil.
L’une des différences fondamentales entre l’escrime fauteuil et l’escrime debout est la distance entre les combattants. L’escrime fauteuil est un combat rapproché, même si les deux tireurs se rapprochent et s’écartent. En revanche, l’escrime debout implique une distance en constante évolution sur les 14 mètres de la piste. En Para-Escrime, la distance est fixe et déterminée au début du match. Son calcul varie en fonction de la discipline.
Au départ de l’action, les escrimeurs se tiennent droit au milieu de leur fauteuil jusqu’au signal « Allez ». Lors de l’attaque, l’action est déclenchée par l’allongement du bras d’arme, tandis que le bras arrière fournit l’accélération et la poussée. La coordination de ces deux actions est essentielle.
Le physique joue un rôle de plus en plus important dans ce sport. La pratique en fauteuil ne signifie pas immobilité. Les tireurs sont constamment en mouvement, se déplaçant vers l’avant pour attaquer et vers l’arrière pour défendre ou contrer. La nature du handicap est primordiale. Plus le handicap est favorable, offrant une grande mobilité du tronc et un appui efficace avec une ou deux jambes sur la palette du fauteuil, plus le tireur peut exprimer son potentiel.
Il existe trois catégories d’escrime fauteuil :
Les escrimeurs paralympiques peuvent avoir des handicaps affectant les membres inférieurs et supérieurs, notamment le bras d’arme. (La catégorie C n’est pas olympique.)