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Semaine d’information sur la Santé Mentale : enjeu de performance et d’épanouissement personnel.

La 37ᵉ édition des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) se tient du 5 au 18 octobre 2026, autour du thème : « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».

Nombreux sont les escrimeurs qui témoignent d’une phase de dépression ou de période de vulnérabilité psychologique. Alice Recher, escrimeuse au club de Bourg La Reine, nous partage son expérience et son engagement quant à la nécessité de préserver l’humain derrière l’athlète.

Alice pratique à haut niveau depuis plus de dix ans (Championne d’Europe U23 au fleuret en individuel et par équipe). Souvent freiné par de multiples blessures, Alice a appris à équilibrer exigences du sport de compétition et son bien être personnel.

« J’ai compris que je devais, avant de m’identifier comme escrimeuse, m’identifier comme un individu qui pratique l’escrime. Il faut travailler sur soi en tant que personne avant de travailler en tant que sportif. La santé mentale reste encore trop souvent ramenée à un objectif de performance plutôt qu’à un enjeu de bien-être. »

Pour la tireuse, la santé psychologique et le bien-être sportif sont indissociables. Confrontée à un épisode de dépression, elle a pu compter sur un soutien médical spécialisé :

« J’ai eu la chance d’être suivie par un psychologue et un psychiatre, et de trouver ce soutien médical à l’INSEP. Je pense que tout le monde devrait avoir accès à un suivi psychologique. Dans notre sport, le mental est crucial. »

Face aux pressions du haut niveau, où seule une poignée d’athlètes atteint le sommet olympique, l’athlète prône la diversification de son univers. Pour elle, impossible de construire toute sa vie autour de la seule piste d’escrime. Cette année, c’est dans la musique, le chant et la composition qu’elle a puisé une ressource créative majeure, indispensable à son équilibre.

Cette sensibilité artistique se retrouve d’ailleurs directement dans sa pratique sportive. Pour contourner la rigueur de la compétition et retrouver le plaisir originel du jeu, elle choisit désormais de privilégier l’expression corporelle :

« Avec le haut niveau, on perd le côté ludique. Pour se sentir bien, il faut revenir à l’essentiel : chercher la sensation plutôt que la touche. L’escrime codifie des règles de jeu, mais pas de mouvement. Sur la piste, j’ai cette sensation d’être libre de composer, et c’est agréable. »

Un témoignage qui rappelle que la véritable victoire réside d’abord dans l’épanouissement personnel et la liberté d’être soi.